Au Yémen, la coalition menée par l’Arabie saoudite annonce des « frappes limitées » contre les séparatistes

Au Yémen, la coalition menée par l’Arabie saoudite annonce des « frappes limitées » contre les séparatistes

La coalition menée par l’Arabie saoudite a annoncé avoir mené des « frappes préventives limitées » contre les séparatistes du sud du Yémen, pour les empêcher selon elle « d’étendre le conflit » dans le pays. Dans un communiqué, la coalition a également indiqué que le chef des séparatistes, Aidarous al-Zoubaidi, a « fui vers un lieu inconnu » et n’est pas monté dans l’avion qui devait le conduire en Arabie saoudite pour des pourparlers de paix prévus mercredi.

Aidarous al-Zoubaidi dirige le Conseil de transition du Sud (STC), qui aspire à recréer un État dans le sud du Yémen, où une République démocratique et populaire était indépendante entre 1967 et 1990. Début décembre, ses forces se sont emparées de vastes territoires. Mais les factions proches de Ryad, appuyées par des frappes saoudiennes, ont riposté, reprenant début janvier le terrain perdu.

L’Arabie saoudite avait invité dans la foulée les deux camps à un « dialogue » dans la capitale saoudienne mercredi pour mettre fin à ces affrontements. Le STC avait confirmé sa participation à cette conférence.

Mais vers minuit, la coalition a « reçu des informations selon lesquelles Aidarous al-Zoubaidi avait déplacé une importante force, comprenant des blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions » vers la province de Dhale, dans le sud-ouest du Yémen, selon le communiqué.

La fuite du chef des séparatistes

La délégation séparatiste a décollé vers Ryad, mais sans al-Zoubaidi « qui a fui vers un lieu inconnu, laissant les membres et dirigeants du STC sans la moindre information sur ce qu’il était devenu après avoir distribué des armes et des munitions, dans le but de provoquer des troubles à Aden dans les heures à venir », a ajouté la coalition, mentionnant la capitale provisoire du gouvernement yéménite.

La coalition a dit avoir repéré les forces séparatistes dans la province de Dhale et, à 4 heures, avoir « mené des frappes préventives limitées pour neutraliser ces forces et faire échec à l’objectif d’Aidarous al-Zoubaidi de provoquer une escalade du conflit et de l’étendre dans le gouvernorat de Dhale ».

Le Yémen est ravagé par la guerre depuis que des rebelles chiites houthis, soutenus par l’Iran, se sont emparés en 2014 de la capitale Sanaa, puis de larges pans du pays. Le conflit s’est internationalisé un an plus tard quand l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition internationale pour soutenir le gouvernement yéménite face aux Houthis.

Des rivalités internes au sein du camp anti-houthis ont déclenché un nouveau conflit en 2018, opposant les séparatistes du sud regroupés au sein du STC aux forces du gouvernement, respectivement soutenus par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, autrefois réunis au sein de la même coalition.