Venezuela : possible implication américaine, état d’exception… Ce que l’on sait des fortes explosions à Caracas

Venezuela : possible implication américaine, état d’exception… Ce que l’on sait des fortes explosions à Caracas

De fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols d’avions ont eu lieu vers 2 heures (7 heures à Paris) ce samedi 3 janvier à Caracas (Venezuela), a constaté un journaliste de l’AFP. Selon Reuters, la partie sud de la ville - où se trouve une importante base militaire - est privée d’électricité.

La presse américaine rapporte que des frappes ont été ordonnées par le président américain Donald Trump. Le Venezuela dénonce pour sa part une « très grave agression militaire » américaine.

Que s’est-il passé ?

L’agence AP parle d’au moins sept explosions. « L’une d’elles était si puissante que ma fenêtre tremblait après son passage », décrit une journaliste de la chaîne américaine CNN présente sur place. Elles semblent avoir eu lieu dans le sud et l’est de la capitale vénézuélienne, et possiblement à Fuerte Tiuna, l’énorme enclave militaire dans la ville. De nombreux habitants se sont précipités dans les rues, d’après AP.

« J’étais en train de dormir quand ma copine me réveille et on dit qu’ils sont en train de bombarder. Je ne vois pas les explosions, mais j’entends les avions (…). On commence à préparer ici, à la maison, un sac avec les affaires les plus importantes : passeport, cartes, liquide, bougie, une tenue de rechange, des conserves. On commence à charger tout ce qu’on peut charger et on est déjà habillées, au cas où », a affirmé à l’AFP, Francis Peña, 29 ans.

Le président Nicolás Maduro a décrété l’état d’exception et appelé « toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation », selon un communiqué.

Selon la presse américaine, les explosions ont eu lieu dans au moins quatre endroits différents : sur une base militaire à Fuerte Tiuna, sur une base aérienne à La Carlota, sur une antenne et sur le port de La Guaira, l’un des principaux du pays

Les États-Unis derrière ces frappes ?

Dans ce même communiqué, le gouvernement vénézuélien dénonce « la très grave agression militaire » des États-Unis. « Le Venezuela rejette, répudie et dénonce (…) la très grave agression militaire perpétrée par (…) les États-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens, dans les localités civiles et militaires de Caracas et les États de Miranda, Aragua et La Guaira autour de Caracas », selon un communiqué du gouvernement.

Auprès du New York Times, un porte-parole de l’armée américaine confirme ces explosions à Caracas, mais n’a apporté aucun commentaire sur une éventuelle implication américaine. La Maison Blanche refuse de commenter. Mais sur X, la journaliste de CBSNews Jennifer Jacobs, citant des responsables américains, confirme que Donald Trump « a ordonné des frappes contre des sites au Venezuela, notamment des installations militaires ». Le Washington Post et Reuters donnent la même information.

« En ce moment même, Caracas est bombardée. Alerte à tous, le Venezuela est attaqué. Ils bombardent avec des missiles. L’OEA (organisation des États américains) et l’ONU doivent se réunir immédiatement », a réagi le président de la Colombie, frontalière au Venezuela, Gustavo Petro sur X. « Cuba dénonce et exige une réaction urgente de la communauté internationale face à l’attaque criminelle perpétrée par les États-Unis contre le Venezuela », réagit pour sa part sur X le président cubain Miguel Díaz-Canel.

Un contexte de tensions entre les deux pays

Ces bruits d’explosion surviennent alors que le président américain, Donald Trump, qui a fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes, a évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et a affirmé que les jours du président vénézuélien, Nicolás Maduro, étaient « comptés ».

Il a déclaré ce lundi que les États-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, ce qui serait la première attaque terrestre américaine sur le sol vénézuélien. Le président Maduro s’était lui montré confiant lors d’une interview diffusée ce jeudi affirmant : « le système de défense nationale a garanti et garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage et la jouissance de tous nos territoires ».

Donald Trump accuse le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic que l’intéressé dément, reprochant aux États-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.