« Une tâche dans nos relations » : le Venezuela multiplie les signes d’indépendance vis-à-vis des États-Unis

« Une tâche dans nos relations » : le Venezuela multiplie les signes d’indépendance vis-à-vis des États-Unis

Quel est l’état des relations entre le Venezuela et les États-Unis ? Alors que la Maison Blanche multiplie les déclarations assurant d’une emprise et d’une domination sur le pays d’Amérique du Sud, Caracas continue de montrer des signes d’indépendance. La capture de Maduro n’a en effet pas abouti à un changement de régime. Au contraire, le pouvoir est resté entre les mains des principaux responsables de la précédente administration, à tel point que beaucoup se demandent aujourd’hui quel est le poids réel des États-Unis sur le Venezuela.

La présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez a en effet affirmé mercredi soir lors d’une cérémonie officielle qu’il y avait « une tache » sur les relations avec les États-Unis, depuis la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier par l’armée américaine. « Concernant les relations entre le Venezuela et les États-Unis, la première chose à dire, c’est qu’il y a une tache dans nos relations qui ne s’était jamais produite dans notre histoire », a affirmé Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente investie lundi comme présidente par intérim.

Delcy Rodriguez a également précisé que l’échange commercial avec les États-Unis « n’a rien d’extraordinaire ni d’irrégulier », après que la compagnie pétrolière d’État PDVSA a annoncé une négociation pour vendre du brut aux États-Unis. Le président américain, Donald Trump, avait assuré que les responsables vénézuéliens par intérim allaient remettre aux États-Unis « entre 30 et 50 millions de barils de pétrole », l’équivalent d’un à deux mois de production du pays latino-américain.

« Des mains tendues vers tous les pays »

Mercredi, son gouvernement a assuré que cette transaction s’inscrivait dans le cadre d’un « accord historique » avec Caracas, qui ne s’arrêtera pas aux millions de barils qu’il a évoqués. Donald Trump a ensuite affirmé sur son réseau social que la part que recevra le Venezuela « servira uniquement à acheter des produits américains », notamment des produits agricoles et des médicaments. La Maison Blanche a également fait savoir mercredi soir que les États-Unis « vont continuer à dicter » les décisions des autorités du Venezuela.

Dans son discours mercredi soir, Delcy Rodriguez a montré un visage très serein, ne penchant ni vers une soumission aux États-Unis, ni vers une volonté de conflit. « Nos mains sont tendues vers tous les pays du monde, pour des relations, pour une coopération économique, commerciale et énergétique », a-t-elle dit.

Donald Trump a imposé des sanctions sur le pétrole vénézuélien pendant son premier mandat, créant une forme d’embargo que des acheteurs parviennent à contourner via l’usage de flottes dites « fantômes ». Washington se dit prêt à lever ces sanctions « de manière sélective » pour pouvoir commercialiser le pétrole vénézuélien sur le marché du pétrole traditionnel.