Opération militaire américaine au Groenland : « Pas l’option retenue par les États-Unis », selon Jean-Noël Barrot

Opération militaire américaine au Groenland : « Pas l’option retenue par les États-Unis », selon Jean-Noël Barrot

Qui croire ? Selon le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, les États-Unis ne se prépareraient pas à fondre sur le Groenland, contrairement aux déclarations gloutonnes de Donald Trump. Le chef de la diplomatie française a affirmé ce mercredi matin sur France Inter en avoir discuté au téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

« Il a écarté qu’on puisse imaginer que puisse se produire au Groenland ce qu’il s’est produit au Venezuela », a-t-il assuré. Une opération militaire américaine à Nuuk, la capitale, ou ailleurs dans le territoire arctique, ne serait « pas l’option retenue par les États-Unis ».

Mardi soir, pourtant, Donald Trump a affirmé étudier « plusieurs options » y compris « utiliser l’armée » pour parvenir à annexer le territoire danois riche en terres et minerais rares, dont il estime, malgré les dénégations danoises, qu’il est piloté par la Chine et « très mal » défendu.

« C’est un territoire européen et il le restera »

De la « politique-fiction » pour le ministre. « Le Groenland n’est pas à vendre, c’est un territoire européen et il le restera », a insisté Jean-Noël Barrot ce mercredi. « Une éventuelle attaque n’aurait absolument aucun sens ; pour un pays de l’Otan de s’en prendre à un autre pays de l’Otan, ça n’aurait aucun sens ». « Les États-Unis sont très attachés à l’Alliance atlantique, à laquelle ils ont apporté leur concours mais dont ils ont aussi retiré de grands bénéfices », affirme le ministre. Et de préconiser : « Ne soyons pas fascinés comme des spectateurs au déploiement de force auquel nous assistons ».

Interrogé, à deux reprises, pour savoir si la France avait « peur » de Donald Trump, ou le ménageait comme François Hollande en a fait mardi le reproche, Jean-Noël Barrot a répondu en diplomate. « Notre position n’est ni de nous complaire, nous prélasser dans des positions impuissantes, ni de jeter les grands principes avec l’eau du bain », a-t-il dit.

« Entre les pays du monde, il n’y a pas tellement d’amitié, il y a des intérêts, des valeurs partagées. Dans un moment où le monde, de toute évidence, est soumis à la loi du plus fort, même si nous le regrettons, nous nous réarmons, sur le plan militaire, économique, et moral », a conclu le ministre, jugeant, en faisant un détour sur l’actualité franco-française, « important de donner un budget à nos armées le plus rapidement possible ».