« On doit d’abord réparer le pays » : Donald Trump maintient le flou sur son plan à long terme pour le Venezuela

« On doit d’abord réparer le pays » : Donald Trump maintient le flou sur son plan à long terme pour le Venezuela

De quelle manière les États-Unis entendent-ils peser sur le futur du Venezuela ? Donald Trump était resté jusque-là plutôt vague. Tout juste avait-il laissé entendre que les USA étaient déjà « aux commandes » en s’étant assuré l’allégeance de la vice-présidente, Delcy Rodríguez, qui a remplacé Nicolás Maduro au poste suprême. Mais Delcy Rodriguez a multiplié les signes d’indépendance ces derniers jours, depuis son investiture, à tel point que de nombreux observateurs se sont demandé si l’administration Trump allait vraiment pouvoir avoir la main sur le processus politique en cours à Caracas.

Dans une interview pour la chaîne américaine NBC, Donald Trump a dévoilé un peu plus ce que son administration compte faire dans ce pays d’Amérique latine où une majorité d’habitants souhaitait peut-être le départ de Maduro, mais n’en désire pas pour autant passer sous la coupe américaine.

Dans son échange avec NBC, le président des États-Unis a commencé à se placer dans le temps long. Interrogé sur la possibilité d’organiser des élections dans les 30 jours, il a déclaré que ce serait impossible. « On doit d’abord réparer le pays, a-t-il justifié. On ne peut pas organiser d’élection tout de suite. Il est impossible que la population puisse voter actuellement. Ça va prendre un certain temps. Nous devons remettre le pays sur pied. »

Cadeau empoisonné pour les entreprises américaines ?

Son dada : les succès économiques, et en l’occurrence les ressources liées au pétrole. Donald Trump entend remettre les compagnies pétrolières américaines au centre du jeu. Des experts ont estimé qu’il faudrait au moins 18 mois, soit un an et demi, pour rénover des infrastructures en mauvais état de fonctionnement.

« Je pense qu’on peut le faire en moins que ça, a voulu croire Trump. Mais ça va nécessiter beaucoup d’argent. Des sommes d’argent considérables devront être dépensées, et les compagnies pétrolières les dépenseront, puis elles seront remboursées par nous ou grâce aux revenus générés. » Cela pourrait ressembler à un cadeau empoisonné de Donald Trump à ces grandes entreprises, qui n’auraient aucune assurance d’obtenir un retour sur investissement, en raison de l’instabilité politique au Venezuela, de l’alternance au pouvoir aux États-Unis, et du coût énorme que nécessite le traitement d’un pétrole très lourd sur le territoire vénézuélien.

Soucieux de ne pas se mettre en difficulté sur le plan juridique, Donald Trump a également réfuté être en guerre avec le Venezuela. Pour cela, il aurait en effet dû passer devant le Congrès pour obtenir l’autorisation d’une attaque, ce qu’il n’a pas fait. « Nous ne sommes pas en guerre, a-t-il dit. Nous sommes en guerre avec ceux qui vendent la drogue. Avec ceux qui vident leurs prisons dans notre pays, qui envoient leurs toxicomanes et leurs malades mentaux chez nous. »

Il a laissé entendre que la situation serait gérée directement par les membres les plus importants de son administration : Marco Rubio, qui « a échangé en Espagnol avec Delcy Rodriguez », Pete Hegseth ou encore JD Vance. Mais Donald Trump a été très clair quand il lui a été demandé qui serait aux commandes : « Moi ».