« Nous n’allons pas pleurer le départ d’un dictateur » : Maud Bregeon défend la position de la France après la capture de Maduro

« Nous n’allons pas pleurer le départ d’un dictateur » : Maud Bregeon défend la position de la France après la capture de Maduro

Des propos qui continuent à faire polémique. La réaction d’Emmanuel Macron à la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis ce week-end a suscité de nombreuses critiques, le président de la République n’ayant pas explicitement condamné l’opération commanditée par Donald Trump.

Sur BFMTV ce lundi 5 janvier, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a clarifié la position de la France. « Il y a une responsabilité implacable de monsieur Maduro dans ce qui s’est passé. Et non, nous n’allons pas pleurer le départ d’un dictateur qui a confisqué la liberté à son peuple et qui a volé les élections », a-t-elle dit.

« Deuxièmement, bien sûr que ça contrevient au droit international, nous n’avons jamais dit le contraire », a poursuivi la porte-parole, avant d’ajouter : « Il faut maintenant permettre au Venezuela de se projeter dans l’après-Maduro, avec une transition qui doit être pacifique et démocratique. Ça commence par la libération des prisonniers politiques et une prise en compte réelle des élections de 2024 ».

Un « deux poids, deux mesures » du RN et de LFI

De La France insoumise au Rassemblement national, la réaction d’Emmanuel Macron a été critiquée depuis samedi. Si la plupart des dirigeants européens ont salué la fin du régime du président vénézuélien, le britannique Keir Starmer et l’allemand Friedrich Merz ont rappelé la nécessité du respect du droit international. Mais pas le locataire de l’Élysée, qui a dit « prendre acte » de la fin de la « dictature Maduro », dont le « peuple vénézuélien » ne peut que se « réjouir ».

Une réaction « aveugle, inconsciente des réalités et irresponsable », a ainsi taclé dimanche l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui reste dans les mémoires pour son engagement contre la guerre en Irak engagée par les États-Unis de George W. Bush en 2003.

Interrogée sur les nombreuses critiques contre Emmanuel Macron, Maud Bregeon a dénoncé le « deux poids, deux mesures » du Rassemblement national et de La France insoumise.

« J’aurais aimé que Jean-Luc Mélenchon organise la même manifestation de soutien au peuple ukrainien lorsque l’Ukraine a été envahie par Vladimir Poutine. J’aurais aimé que Marine Le Pen rappelle avec la même vigueur l’importance du droit international lorsque Vladimir Poutine a envahi la Crimée en 2014 », lance la porte-parole.

Dans un communiqué, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon avait pourtant « condamné » l’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie en février 2022, la qualifiant d’« acte de guerre extrêmement grave », et avait soutenu « les initiatives et les rassemblements organisés en France en solidarité avec les populations victimes et pour la défense de la paix ».

Place de la République ce samedi, l’ancien candidat à la présidentielle a appelé « à la libération et le retour immédiat de Nicolás Maduro et de son épouse au Venezuela ». Des propos critiqués par Maud Bregeon ce lundi. « Quand on demande la libération immédiate et le retour dans son pays d’un dictateur, ça interroge (sur son) rapport à la démocratie », dit la porte-parole.