Manifestations en Iran : les États-Unis appellent les ressortissants américains à quitter le pays « immédiatement »
Plus de deux semaines après le début du mouvement de contestation en Iran, la répression des manifestants a passé un nouveau cap ce lundi 12 janvier. L’ONG Iran Human Rights (IHR) a donné un bilan d’au moins 648 personnes tuées et l’arrestation de plus de 10 000 autres. Dans un communiqué publié lundi, l’ambassade virtuelle des États-Unis en Iran a appelé les ressortissants américains à quitter le pays « immédiatement ».
« Quittez l’Iran immédiatement. Préparez un plan pour quitter l’Iran sans compter sur l’aide du gouvernement américain », peut-on lire.
« Le gouvernement américain ne peut garantir votre sécurité »
« Si vous ne pouvez pas partir, trouvez un endroit sûr dans votre résidence ou dans un autre bâtiment sécurisé. Faites des provisions de nourriture, d’eau, de médicaments et d’autres articles essentiels », indique l’ambassade « virtuelle » des États-Unis. Les intérêts américains en Iran sont représentés par l’ambassade de Suisse, en l’absence de relations diplomatiques entre Washington et Téhéran, rompues en 1980.
« Le gouvernement américain ne peut garantir votre sécurité si vous choisissez de partir (…). Vous ne devriez partir que si vous estimez que cela ne présente aucun danger », poursuit donc le communiqué.
Certaines lignes aériennes étant fermées, les autorités américaines listent plusieurs points de passage au niveau des frontières avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Turquie, mais aussi le Turkménistan, à l’est.
Sanctions américaines contre les partenaires de Téhéran
Donald Trump, qui a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement, a annoncé lundi que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappé de droits de douane de 25 % par les États-Unis. « Cette décision est définitive » et « prend effet immédiatement », a affirmé le président américain sur son réseau Truth Social. Une mesure susceptible de frapper notamment la Chine, principal partenaire commercial de l’Iran.
Selon la Maison Blanche, des frappes aériennes pour mettre fin à la répression du mouvement sont toujours sur la table. Toutefois, « la diplomatie est toujours la première option pour le président », a affirmé la porte-parole Karoline Leavitt, le pouvoir iranien adoptant un « ton très différent » lors de discussions privées avec l’émissaire américain, Steve Witkoff.
À Téhéran, les autorités iraniennes ont convoqué des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, pour protester contre le soutien affiché aux manifestants.
Paris appelle aussi les Français à quitter le pays
Le personnel diplomatique non essentiel de l’ambassade de France a par ailleurs quitté le pays, a indiqué l’AFP, citant deux sources informées du dossier. La France « recommande » à ses ressortissants qui vivraient sur place ou qui seraient de passage dans le pays de « quitter immédiatement » l’Iran s’ils en ont « la possibilité », indiquait le Quai d’Orsay dimanche 11 janvier.
À Paris, le président français Emmanuel Macron a condamné « la violence d’État » qui « frappe aveuglément » les manifestants, et Londres a fustigé « l’horrible » répression, appelant à « cesser immédiatement les violences ». L’Union européenne a également dit envisager « de nouvelles sanctions, plus sévères » contre l’Iran.

