Guerre en Ukraine : missile hypersonique Orechnik utilisé, au moins quatre morts… Ce que l’on sait des frappes menées par la Russie
Une attaque d’ampleur contre l’Ukraine. Plusieurs offensives ont été menées dans la nuit de jeudi à vendredi. La Russie a notamment utilisé le missile hypersonique Orechnik pour frapper des « cibles stratégiques », a annoncé le ministère russe de la Défense dans un communiqué publié sur Telegram.
Que s’est-il passé ?
« Toutes les cibles ont été touchées », a assuré le ministère russe de la Défense, qui dit avoir également utilisé des drones. Au total, 36 missiles et 242 drones auraient été lancés sur l’Ukraine, provoquant la mort d’au moins quatre personnes dans la capitale, a fait savoir Kiev. Les autorités ukrainiennes ont affirmé que l’ambassade du Qatar à Kiev a été endommagée.
Plus à l’Ouest, l’attaque a visé « un site d’infrastructures » dans la région ukrainienne de Lviv, frontalière de la Pologne, membre de l’UE et de l’Otan, a indiqué le gouverneur régional Maksym Kozytsky.
Le missile « volait à une vitesse de près de 13 000 km par heure », a ajouté le maire de Lviv Andriï Sadovy sur Telegram, citant les informations de l’armée. Il n’a pas fait état de victimes, indiquant simplement que l’attaque avait déclenché un système de sécurité automatique de gaz interrompant l’approvisionnement pour plusieurs centaines d’habitants du village de Roudné.
Les médias russes ont de leur côté affirmé que l’attaque avait touché un gros dépôt gazier.
Un missile envoyé à plus de 12 000 km/h
L’arme, capable de porter une charge nucléaire, est l’une des plus puissantes à la disposition de Vladimir Poutine. Selon le président russe, elle peut atteindre la vitesse de Mach 10, soit plus de 12 000 km/h.
Le missile avait déjà été déployé mi-décembre au Bélarus, avait annoncé alors son président Alexandre Loukachenko.
Le 21 novembre 2024, le missile hypersonique Orechnik avait frappé la ville de Dnipro, sans faire de mort et provoquant des dégâts matériels assez limités.
« Une météorite », avait décrit à l’époque Vladimir Poutine. « La température des éléments percutants atteint 4 000 °C », s’était également vanté le chef du Kremlin, soit presque autant selon lui « qu’à la surface du soleil », entre « 5 500 et 6 000 degrés ».
L’arme serait munie de charges manoeuvrantes, ce qui accroîtrait encore la difficulté d’interception.
Un « test » pour les alliés de l’Ukraine, dit Kiev
Moscou a expliqué que les frappes ont été décidées « en réponse à la présumée attaque terroriste du régime de Kiev contre la résidence du président de la Fédération de Russie dans la région de Novgorod la nuit du 29 décembre 2025 ». « Mensonge » avait répondu Kiev, accusant le Kremlin de chercher un prétexte pour justifier de nouvelles frappes sur l’Ukraine et saper les pourparlers diplomatiques en vue d’un cessez-le-feu.
Cette nouvelle utilisation du missile et les frappes russes massives sont destinées à « tester » les alliés de Kiev, a assuré ce vendredi le ministère ukrainien des Affaires étrangères, exhortant à « accroître la pression sur l’agresseur ».
« Une telle frappe à proximité des frontières de l’UE et de l’OTAN constitue une grave menace pour la sécurité du continent européen et un test pour la communauté transatlantique. Nous exigeons une réponse ferme aux agissements irresponsables de la Russie », a écrit Andrii Sybiha sur X, disant avoir informé « les États-Unis et nos partenaires européens ».
Le président ukrainien Zelensky a par la suite demandé une « réaction claire » de la communauté internationale.

