« Elle est très importante » : c’est quoi la doctrine Monroe à laquelle Trump fait référence après la capture de Maduro ?

« Elle est très importante » : c’est quoi la doctrine Monroe à laquelle Trump fait référence après la capture de Maduro ?

C’est l’une de ses justifications, après la spectaculaire opération américaine ayant mené à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro samedi matin : pour le chef d’État américain Donald Trump, il est nécessaire de restaurer la suprématie incontestée des États-Unis sur l’ensemble des Amériques.

Il a présenté cette opération nocturne à Caracas, la capitale du Venezuela, comme une remise au goût du jour de la doctrine Monroe, il y a plus d’un siècle, considérant que l’Amérique latine est la chasse gardée des États-Unis. « On l’appelle maintenant le document Donroe », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse, accolant son prénom au patronyme de son lointain prédécesseur, James Monroe.

« La doctrine Monroe est très importante, mais nous l’avons dépassée de très loin », s’est targué Donald Trump. « Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », a-t-il dit. Il faisait référence au document publié il y a près d’un mois par l’administration Trump redéfinissant la « Stratégie de sécurité nationale » des États-Unis dans un sens ouvertement nationaliste.

« L’Amérique aux Américains »

Cette doctrine Monroe à laquelle fait référence Donald Trump a été formulée en 1823 par le président américain de l’époque James Monroe, comme le rappellent les archives gouvernementales américaines. Celle-ci « avertit les nations européennes que les États-Unis ne toléreraient aucune nouvelle colonisation ni aucun monarque fantoche » sur le continent américain, indique la même source.

Autrement dit : le continent américain doit être géré par les Américains et les États-Unis. « L’Amérique aux Américains » donc, selon l’interprétation qu’en fait également Donald Trump.

Le 2 décembre encore, à l’occasion de l’anniversaire de cette doctrine, Donald Trump avait déclaré qu’elle était « plus vivante que jamais » et que « le leadership américain [revenait] en force », selon son discours publié sur le site de la Maison-Blanche. « Depuis des siècles, la doctrine de souveraineté du président Monroe a protégé le continent américain contre le communisme, le fascisme et les ingérences étrangères », a-t-il poursuivi.

L’opération au Venezuela pourrait également servir d’avertissement aux alliés des États-Unis inquiets des menaces de Donald Trump de s’accaparer des ressources stratégiques, à commencer par sa volonté déclarée d’annexer le Groenland, territoire autonome danois.

Jennifer Kavanagh, directrice de l’analyse militaire Defense Priorities, un groupe de réflexion qui prône une politique internationale américaine moins interventionniste, longtemps sceptique sur la réalité des intentions de Donald Trump quant au Groenland, dit maintenant s’interroger. « Il ne serait pas très difficile pour les États-Unis d’envoyer quelques centaines ou quelques milliers de militaires au Groenland et je ne vois pas bien qui pourrait s’y opposer », dit-elle.

L’opération au Venezuela « soulève la question de savoir que si les États-Unis peuvent proclamer qu’un dirigeant est illégitime, le destituer et gouverner le pays, pourquoi d’autres ne pourraient-ils pas en faire autant ? », explique Jennifer Kavanagh. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est ainsi inquiété du « dangereux précédent » que constitue l’intervention américaine.