« Ça suffit maintenant » : le Premier ministre du Groenland répond à Donald Trump sur ses « fantasmes d’annexion »

« Ça suffit maintenant » : le Premier ministre du Groenland répond à Donald Trump sur ses « fantasmes d’annexion »

« Ça suffit maintenant », a réagi le Premier ministre groenlandais Jens Frederik Nielssen dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 janvier suite aux menaces réitérées du président américain Donald Trump qui souhaite faire passer sous drapeau américain l’île au nord de l’Atlantique.

« Plus de pression. Plus de sous-entendus. Plus de fantasmes d’annexion. Nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes ouverts aux discussions. Mais cela doit se faire par les bons canaux et dans le respect du droit international », a écrit sur Facebook le chef du gouvernement groenlandais.

Le Groenland « est un ami proche et loyal des États-Unis depuis des générations », rappelle Jens Frederik Nielssen, déplorant une position « inacceptable » de l’administration Trump.

« Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a réaffirmé le locataire de la Maison Blanche aux journalistes à bord d’Air Force One dimanche soir. « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… Parlons du Groenland dans 20 jours », a-t-il ajouté.

La France « solidaire » du Danemark

La Première ministre danoise s’est élevée contre la convoitise du président américain : « Je demande instamment aux États-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre », a écrit Mette Frederiksen dans un communiqué dimanche soir.

« Je dois le dire très clairement aux États-Unis : il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland », a-t-elle ajouté.

Samedi, une publication sur X de l’épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, avait ravivé les craintes danoises. Katie Miller a publié sur son compte X une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d’une courte légende en capitales : « SOON » (« bientôt »).

La Première ministre danoise a rappelé que le Royaume du Danemark, qui inclut les îles Féroé et le Groenland, « fait partie de l’OTAN et bénéficie ainsi de la garantie de sécurité de l’alliance ».

Ce lundi, la France s’est dite « solidaire » du Danemark après les menaces du président américain. « Il ne peut pas y avoir de modification des frontières par la force », a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay sur TF1.

« Le Groenland appartient aux Groenlandais et aux Danois. C’est à eux de décider ce qu’ils souhaitent en faire. Il ne peut pas y avoir de modification des frontières par la force », a plaidé Pascal Confavreux.