« À un moment, je le ferai » : Donald Trump ouvre la porte à une rencontre avec la présidente par intérim du Venezuela

« À un moment, je le ferai » : Donald Trump ouvre la porte à une rencontre avec la présidente par intérim du Venezuela

Le président américain Donald Trump s’est dit ouvert dimanche à une entrevue avec la dirigeante par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez, estimant son administration travaillait « vraiment bien » avec Caracas. À la question de savoir s’il prévoyait de la rencontrer, Donald Trump a répondu aux journalistes : « À un moment donné, je le ferai », à bord de son avion Air Force One.

La vice-présidente du Venezuela, investie comme cheffe de l’État par intérim, après la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse le 3 janvier, négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes. Son gouvernement a décidé d’entamer « un processus exploratoire » en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les États-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu’il n’est pas « soumis » à Washington.

Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, l’administration Trump « reste en contact étroit avec les autorités intérimaires », a indiqué samedi un responsable du département d’État. Donald Trump a affirmé avoir « annulé » une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la « coopération » de Caracas, et Washington entend « dicter » toutes ses décisions.

Le président américain, qui veut en finir avec la collaboration entre Caracas et La Havane, a néanmoins durci le ton contre Cuba et exhorté le pays caribéen à accepter « avant qu’il ne soit trop tard » un « accord » dont il n’a pas précisé la nature, suscitant la colère de son homologue à La Havane. Ce à quoi lui a répondu sur X le président cubain Miguel Diaz-Canel : « personne ne dicte quoi faire ». Cuba, pays communiste et adversaire des États-Unis depuis des décennies, est « une nation libre, indépendante et souveraine ».

La libération des prisonniers en question

Aux États-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, où il est incarcéré, Nicolás Maduro s’est montré confiant. « Nous allons bien. Nous sommes des combattants », a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela. L’ancien dirigeant socialiste et son épouse Cilia Flores ont plaidé non-coupable d’accusations de narcoterrorisme lors de leur présentation lundi dernier devant la justice américaine, avant une prochaine audience prévue le 17 mars.

Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un « nombre important » de prisonniers, y compris étrangers. Mais, celles-ci se produisent au compte-goutte et des familles s’impatientent. Des proches campent jour et nuit depuis devant des centres pénitentiaires comme celui de l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l’est de Caracas.

Une quarantaine d’entre eux attendait toujours dimanche à Rodeo I une libération importante, et certaines familles ont organisé des « relais » pour qu’au moins un proche soit présent en permanence. L’ONG Foro Penal, qui défend les personnes détenues dans le pays pour des raisons politiques, a comptabilisé dimanche à midi 17 libérations, d’autres organisations de défense des droits humains évoquant le chiffre de 21. Selon les ONG il existe entre 800 et 1 200 prisonniers politiques dans le pays.

Un collectif d’ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d’Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie. Agent comptant plus de vingt ans de service, il avait été arrêté le 9 décembre pour avoir « partagé des messages critiques à l’encontre du régime et du gouverneur de l’État ». Depuis 2014, quelque 18 prisonniers politiques sont morts en détention au Venezuela, selon des organisations de défense des droits humains.